Un récit de voyage est toujours le ressenti de celui qui arpente des terres inconnues, des contrées fantasmées, et ses îles désertes… Jacques Lucchesi n’écrit rien d’autre. Le voyage est à la fois extérieur et intérieur. Là, une croisière sur un de ces géants des mers qui attirent autant qu’ils affolent par leur démesure, en direction de l’Italie, de la Grèce. Les lieux visités sont fidèles à la carte postale que vous allez recevoir, l’affluence touristique en plus.
L’auteur et son épouse vaquent à leurs rêves plus témoins qu’acteurs, sans trop s’intégrer à la populace exubérante et avide de ce « paradis » capitaliste à la portée de tous. Les escales sont explorées au pas de course car il ne faut pas rater le départ du navire. Plus attirés par l’envers du décor, ils nous offrent une visite originale et humaniste.
À bord tout ce qui est inclus dans le prix du voyage est gratuit, tout le reste est payant, et bien payant. Si vous êtes malades réfléchissez y à deux fois pour des soins. À cent quatre-vingt euros la visite médicale sans doute vaut-il mieux tenter l’automédication…
Le récit rend bien compte des aléas et des avantages de ce type de voyage croisiériste. La description des sites visités, de la vie à bord, des interconnexions entre les passagers, le personnel, les habitants sont fidèlement rendues. Parfois le lecteur peut juste se poser la question : Mais que viennent-ils faire dans (sur) cette galère ?
À lire autant par les convaincu-e-s du tourisme responsable que par les adeptes des voyages organisés !
Didier TRUMEAU
