Pour ce numéro 127-128 de la revue Les Amis de Thalie, Nathalie Lescop-Boeswillwald, son infatigable animatrice depuis trente ans,a frappé fort. Elle a rassemblé pas moins de 41 créateurs – poètes, prosateurs, critiques, illustrateurs – pour ce qui prend l'allure d'un réquisitoire contre les horreurs de la guerre. Comme elle l'exprime dans son éditorial:
« A quel moment allons-nous recouvrer suffisamment de lucidité pour accepter que c'est notre propre humanité que nous foulons au pied en agissant ainsi ou plus justement en ne réagissant pas?»
Dans
la première partie de ce volumineux numéro, la parole est ainsi
donnée à celles et ceux qui, de par leurs origines, sont de près
ou de loin, interpellé(e)
s par l'actuel conflit qui ravage le Moyen
Orient, comme Montaha Gharib, Saghi Farahmandpour ou Pamela Chrabieh.
La suite du volume fait la part belle à des poèmes et des proses
lyriques, mais toujours traversés par l'inquiétude et le sentiment
de la fragilité de la vie. Une mention pour «Aéroport
Paris-Charles de Gaulle Terminal 3», la nouvelle de Nathalie Lauro
qui raconte avec réalisme une errance nocturne dans une aérogare.
Le cahier critique n'est pas moins intéressant avec les articles sensibles de Monique Narbonne et Pierre Mironer, respectivement sur Camille Claudel, Henri Matisse et Ossip Mandelstam, poète russe qui subît en son temps les foudres du régime stalinien.
Nathalie Lescop-Boeswillwald nous annonce que ce double numéro sera le dernier de la revue dans sa version papier. Mais qu'on se rassure: l'aventure n'est pas terminée puisqu'elle va se poursuivre dans une version numérisée, sur Internet. En attendant, on peut la découvrir en la commandant directement à sa directrice: lesamisdethalie@hotmail.com
Jacques Lucchesi
